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dimanche 14 juillet 2013

Petit(s) courrier(s)


Avertissement : je me permets d'inviter les visiteurs de ce blog à prendre conscience que des liens parasites, à caractère publicitaire, peuvent apparaître sur ce site comme résultat d'un piratage, alors même que ces liens n'apparaissent pas sur le code html, comme signe que les pirates n'ont pas accès à mon espace personnel. Comment cela est-il possible, je l'ignore... Google aurait-il conclu des accords secrets avec des publicitaires sans en avertir ses abonnés ????

Soit dit en passant, commençons par féliciter chaleureusement les internautes qui fréquentent régulièrement ce blog bien plus souvent que je ne le fais moi-même (la dernière fois, c'était en mars 2013 !), moi qui admire (!?) tous ces gens qui trouvent le temps d'écrire tous les jours sur Internet et les réseaux sociaux. À croire que ce qu'ils écrivent a si peu de consistance qu'ils sont obligés d'en rajouter une couche dès le lendemain ! Pour ma part, j'ai la faiblesse de croire que ce que j'écris a suffisamment de consistance pour être encore lisible des mois plus tard.

À titre d'illustration, nous sommes, aujourd'hui,  le 14 juillet 2013, jour de la fête nationale française, et mon dernier "post" était dédié à Karim Benzema, qui aurait commis le crime de ne pas chanter l'hymne national français lors des matches de l'équipe de France de football. Il me semble qu'après avoir lu mon dernier texte, daté de mars 2013, plus personne n'osera jamais reprocher quoi que ce soit à Benzema, lequel, en ne chantant pas l'hymne national français, se contente d'imiter le président de la République française en personne qui, lui non plus, ne chante pas l'hymne national ! 

En ce 14 juillet 2013, soit quelques jours avant une fameuse étape de montagne sur le Tour de France, je me suis fendu d'un "petit courrier" adressé à Madame la Ministre (française) chargée de la Jeunesse et des Sports, courrier renvoyant à deux autres courriers adressés, déjà, au ministre en exercice chargé de la Jeunesse et des Sports.

Je commencerai par évoquer le plus récent des deux courriers, daté de ... 2010 et adressé à Madame Rama Yade, alors ministre française de la Jeunesse et des Sports. Pour bien comprendre le problème, imaginez la cour de récréation d'un important collège/lycée de la banlieue parisienne, autour du mois de mai, soit au début du printemps : les élèves tombent les manteaux et parkas et sortent les T-shirts. Et c'est là qu'on découvre sous les tenues légères des bourrelets (les Américains disent "muffin tops"), des ventres bedonnants, voire de l'embonpoint, les filles étant souvent plus atteintes par le surpoids que les garçons. 

Voilà ce qu'en dit un responsable politique parisien, qui se trouve être également médecin :


"Dans l'est parisien et à la périphérie, 20 % des enfants sont atteints de surpoids ou d'obésité."

Entre nous, j'aimerais bien savoir d'où notre élu tire ce chiffre. Mais n'en déplaise à notre médecin parisien, je m'inscris en faux contre cette statistique, laquelle, à l'instar des mauvaises statistiques, mêle 'obésité' et 'surpoids' sous un même nombre, ce qui ne rime à rien, quand on sait que l'obésité n'est que la partie visible de l'iceberg. Le fait est que la fréquence du surpoids est bien plus importante que celle de l'obésité, et ce, d'autant plus que les hectogrammes en trop échappent souvent tant à la sagacité des parents qu'à celle des intervenants en milieu scolaire. C'est dire tout l'intérêt d'une observation fine des élèves rassemblés dans une cour de récréation, mais aussi celui de tous les constats qu'on peut faire dans la rue, les aires de jeu, etc. Pour ma part, j'estime qu'en région parisienne, au moins 40 % des adolescentes affichent du surpoids, le chiffre étant moitié moins élevé chez les garçons, et à cela, il y a des raisons objectives que j'évoquerai peut-être ailleurs.

Voilà qui m'a inspiré le courrier qui suit à la ministre déjà évoquée. Ai-je besoin de préciser que mon courrier est resté sans suite, la ministre-potiche en question ayant probablement eu d'autres chats à fouetter ? Je sais que, depuis, toute honte bue et démagogie obligeant, notre ex-potiche à la Jeunesse et aux Sport s'est fendue d'un opuscule destiné à la Jeunesse, que les principaux dédicataires se sont probablement empressés de mettre à la poubelle !


(...)
Madame,
 Pour tout vous dire, je me prends parfois à rêver que je serais ministre en charge de la Jeunesse et des Sports, et que, profitant de la rentrée scolaire, j'organiserais, par exemple, de concert avec mon collègue de l'Education Nationale, une "journée IMC", impliquant au moins un millier d'établissements scolaires renfermant chacun autour de 1000 élèves, soit autour d'un million d'élèves au total (DOM-TOM inclus), dont on mesurerait l'Indice de Masse Corporelle (soit par l'usage de balances à impédance-mètre, soit, plus simplement, par la mesure du tour de poignet, ce qui ne devrait pas prendre plus de deux minutes par élève. (...) Il se trouve que je ne suis pas Ministre de la Jeunesse et des Sports... 

Le deuxième courrier, en réalité le premier dans l'ordre chronologique, était déjà destiné au ministre de la Jeunesse et des Sports de l'époque, qui se trouvait être kinésithérapeute de formation et détenteur de deux médailles olympiques en escrime. Ce courrier avait été adressé au ministre en question peu avant l'étape de l'Alpe d'Huez sur le Tour de France. Il se trouve que l'ancienneté de ce courrier par rapport à ce blog ne me permettra pas de l'afficher ici. Sachez simplement que j'y invitais le ministre à faire procéder à une petite enquête d'ordre épidémiologique, à savoir la mesure de la "qualité de l'air" régnant sur cette fameuse étape de montagne.

J'ai de nouveau évoqué la question sur ce blog en août 2012.

Mais j'aimerais d'abord vous (re)parler de Yohan Diniz.

Yohan Diniz, vous savez, la chiffe molle qu'on a vue se prendre les pieds dans le tapis il y a un an, lors du 50 km marche des jeux de Londres. J'avoue qu'en le voyant cheminer tout contre les barrières métalliques le séparant du public, j'ai pensé : "Non mais, il est fou, il va se prendre les pieds dans les barrières !".

En réalité, il a fait pire.

Le problème est qu'à ce jour, je suis persuadé que personne, ni Diniz, ni son staff technique, ni aucun médecin ou spécialiste de physiologie sportive n'a compris les raisons du soudain coup de pompe qui s'est emparé de notre marcheur ce jour-là. Enfin, je veux parler des "spécialistes" qui ne lisent pas mon blog.

Parce que les visiteurs de ce blog savent parfaitement pourquoi Diniz s'est planté ! 

Question : mais à quoi peuvent bien servir les médecins du sport, monsieur de Mondenard (1), l'INSEP ???

À suivre...


(1) Jean-Pierre de Mondenard est un  médecin du sport français, connu pour ses nombreuses interventions médiatiques à propos du dopage.


Nota Bene : j'évoquais plus haut les raisons qui pourraient expliquer que le surpoids touche bien plus souvent les filles que les garçons, en tout cas en milieu populaire. Une des explications les plus probables, je l'ai tous les jours sous les yeux, en contrebas de mon domicile.





Printemps, automne, hiver. Les images qui précèdent sont celles d'une aire de jeu comme il en existe des milliers dans les quartiers populaires tout autour de - voire dans - Paris. Les jours fériés ainsi qu'après l'école, on voit des gamins - toujours des garçons - passer ici de nombreuses heures, voire des journées entières, ne s'interrompant qu'aux heures de repas, ce qui, au bout du compte, se traduit par des centaines voire milliers de calories dépensées. Et comme je le constate chaque jour, ces garçons sont parfaitement minces.


Moralité : il faudrait peut-être insister pour que ces aires d'activités physiques ne soient pas monopolisées par les seuls garçons, ou alors en aménager d'autres qui soient réservées aux seules filles !

Ça tombe bien : l'autre jour, ils étaient trois sur l'aire de jeux, dont une fillette. Cette fois, armé d'un zoom, j'ai pu faire une meilleure photo. En regardant bien l'image, on voit que les garçons sont sensiblement plus minces que la demoiselle, pour un âge visiblement équivalent. Je ne saurais, donc,  trop encourager cette charmante demoiselle, durant ses heures de loisirs, à aller se frotter plus souvent à ses petits camarades mâles si elle veut afficher la même forme physique qu'eux !





Mademoiselle Tartuffe


Chantal Jouanno est une ancienne ministre française chargée de la Jeunesse et des Sports. Disons que c'est une personne plutôt sympathique au premier abord, au physique avenant d'autant plus qu'elle est une sportive accomplie qui pratique tant les arts martiaux que le marathon. Ça nous change en tout cas de ces gens qui s'avèrent être de grands sportifs à vingt ans, et se retrouvent obèses et ventripotents à quarante.

Le problème est que toute sympathique qu'elle apparaisse de prime abord, Chantal Jouanno a un gros défaut : c'est une politicienne ; vous savez ?, ces gens qui n'avancent que groupés, pensent la même chose au même moment, trouvent que leurs propres idées sont forcément géniales, que celles de l'adversaire sont nécessairement erronées, etc., etc. Le b.a.-ba de la pensée politique.

Et voilà que, l'autre jour, Chantal Jouanno est interrogée sur une radio parisienne, alors même qu'une commission d'enquête sénatoriale planche sur des questions liées au dopage. Et c'est là que je me dis que l'on va certainement avoir droit à quelques perles. Et ça n'a pas manqué.

Extraits :
- On attend de nous qu'on soit dans la transparence.
- Ce serait grave qu'une commission d'enquête cache des choses aux Français.
- Publier les noms, c'est notre obligation.
Et gna-gna-gni, et gna-gna-gna, et patati, et patata, et bla-bla-bli, et bla-bla-bla...

Vous avez compris que Madame Jouanno était venue là pour défendre le principe d'une délation opérée par une commission sénatoriale de... - de qui déjà : sportifs, toutes catégories confondues, ou simplement de cyclistes ? - de sportifs ayant subi des tests anti-dopage il y a bien longtemps, les échantillons étant restés dans un frigo et re-testés des années plus tard par un laboratoire français, le tout grâce aux progrès intervenus dans la fiabilité des systèmes de détection des produits dopants.

La commission sénatoriale nous propose, donc, des expertises a posteriori, dont je n'ai pas toujours très bien compris quels sportifs elles concernaient.

Madame Jouanno parle de ne pas cacher la vérité aux Français. Cela veut-il dire que la fameuse liste ne contiendrait que des noms de Français ? 

Entre temps, 24 heures à peine avant le départ du Tour de France, un quotidien prétendument sportif, que, pour ma part, j'ai cessé de lire au lendemain de l'affaire Anelka (juin 2010), bénéficiait d'une "fuite" - on se doute bien de l'identité des auteurs de la soi-disant "fuite"  - suggérant très fort que les cibles visées étaient surtout des cyclistes, fuite selon laquelle Laurent Jalabert aurait fait usage de produits dopants dans le passé. Et voilà l'infortuné Jalabert renonçant à toutes ses activités de consultant en radio et télévision. 

Et c'est là qu'en entendant cette sénatrice blablater à la radio, j'oublie le look avenant et juvénile de Mademoiselle Jouanno et je me dis, dans ma Ford intérieure (1) : 
- Non mais qu'est-ce que c'est que ces conneries ?
De toute évidence, nos sénateurs, qui ont visiblement oublié qu'ils contribuaient à créer les lois, s'apprêtaient à s'asseoir sur quelques principes fondamentaux du droit, à savoir la non-rétroactivité des peines et la prescription des crimes et délits, avec cette conséquence extravagante que cet auguste aréopage de sénateurs va, de facto, ériger ce qui serait une contravention, au pire, un délit, à savoir le dopage, au rang de crime contre l'humanité (non susceptible de prescription) !

Affligeant !

Dans la foulée, j'écris à la Ministre en charge de la Jeunesse et des Sports, avec copie notamment au président du Sénat, et je me fends d'un deuxième courrier à l'attention de notre Tartuffe en escarpins et bas résille. 


(...)


Le 15 juillet 2013

Destinataire : Mme Chantal Jouanno, Sénat

Madame la sénatrice,

Votre récent passage sur une radio (RMC, Les Grandes gueules, 2 juillet 2013) m’a inspiré un courrier adressé à Madame la ministre de la Jeunesse et des Sports. Vous trouverez ce courrier sur mon blog, lequel courrier n’est, en réalité, que la réédition d’un courrier déjà adressé à un autre ministre de la Jeunesse et des Sports qui avait pour nom Jean-François Lamour.

Je vous cite : 
– Publier les noms, c’est notre obligation.
– On attend de nous (commission d’enquête sénatoriale sur le dopage) qu’on soit dans la transparence. Du point de vue des institutions…, ce serait grave qu’une commission d’enquête cache des choses aux Français.
– On ne peut pas être sénateur et travailler la loi en la survolant.
Je vais vous faire un aveu : j’étais mort de rire en vous entendant, l’autre jour, et je me suis dit que vous et certains de vos collègues sénateurs aviez dû sécher les cours d’E.C.J.S. au collège, ce qui vous fait de sacrées lacunes en la matière, tout en vous faisant affirmer, sans rire, qu’on ne puisse pas être sénateur et travailler la loi en la survolant.

Entre nous, vous pourriez peut-être commencer par ne pas travailler la loi en la méconnaissant !

Par parenthèse, en livrant à la vindicte populaire le nom de Laurent Jalabert, vous et vos collègues sénateurs vous attendiez à quoi ?

Laurent Jalabert a-t-il été convoqué par un magistrat instructeur dans le cadre d’une procédure juridictionnelle pour dopage ? Est-il sous le coup d’une annulation de ses titres et victoires ?

Question : comment allez-vous expliquer au petit peuple que vous cherchez à mener en bateau les raisons de cette inaction publique contre Jalabert ?

Le fait est que n’importe quel bon élève de la 4ème des collèges vous expliquerait que Laurent Jalabert n’est menacé d’aucune procédure pénale ni même disciplinaire, et à cela, il y a de bonnes raisons.

L’E.C.J.S., au cas où vous l’ignoreriez, c’est l’Éducation Civique Juridique et Sociale. On y enseigne aux collégiens les bases du droit : notamment constitutionnel, civil, social et pénal. Et l’on y apprend, entre autres choses, aux élèves, quelques principes fondamentaux (les fameux principes généraux du droit) comme, par exemple, l’égalité de tous devant la loi, la non-rétroactivité de la sanction, ainsi que la prescription.

Contrairement à vous, madame la sénatrice (débutante ou stagiaire ???), les magistrats fonctionnent sur la base d’un vademecum en forme de garde-fou qu’ils ont, tous, à portée de la main, et qui s’appelle le Code de Procédure !

Aux États-Unis, le juge commence toujours par demander au shérif responsable de l’arrestation d’un délinquant présumé : « Lui avez-vous lu ses droits ? », et dans la négative, le délinquant présumé, même pris en flagrant délit, est remis en liberté sur le champ !

En France, à supposer que, par extraordinaire, un magistrat instructeur soit chargé du cas Jalabert, il se poserait deux questions préalables :

1. celle de la non-rétroactivité, à savoir la validité de ce « test anti-dopage » pratiqué de manière rétroactive quinze ans après, hors procédure et…
2.  celle de l'inévitable prescription.

Parce que, si vous n’aviez pas séché les cours d’E.C.J.S. au collège, vous sauriez, madame la sénatrice stagiaire, qu’il n’y a que les crimes contre l’humanité qui échappent à la prescription ; par voie de conséquence, et même à supposer que Jalabert ait été dopé il y a quinze ans – ce qu’il fallait démontrer à l’époque, conformément à la procédure en vigueur sur le Tour de France (échantillon A, échantillon B…) –, qu’il s’agisse d’une contravention ou d’un délit, à la date d’aujourd’hui, les faits sont prescrits !

Votre liste de noms, dont on sait pertinemment qu’elle ne sera pas exhaustive – le Tour de France a cent ans !, et il n’y a pas que le cyclisme – ne serait qu’un numéro de poudre aux yeux et de démagogie qui viendrait nous rappeler des temps, pas si anciens que ça, où il était de bon ton de dénoncer le voisin ou la voisine à la milice ! Car je n‘oublie pas que c’est une majorité de vos devanciers, députés et sénateurs qui, en 1940, ont remis les clés du pouvoir à Philippe Pétain !

En vous souhaitant bonne lecture (...), je vous prie d'agréer l'expression de mes salutations distinguées.

R. W.


(1) La Ford intérieure (= dans mon for intérieur) est un gimmick cher à San Antonio, alias feu Frédéric Dard.


Petit supplément illustré (Source : Éducation civique, Cahier d'activités, 4ème, Sous la direction de Anne-Marie Tourillon et Arlette Heymann-Doat, Nathan, 1997)



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